Partager l'article ! Aout 2010 : Descente de la rivière à la Baleine - Nord Québec: Durant l'été 2010, Ivan et Eric on réalisé un périple de ...
Week-end des 10 & 11 Mars 2012 :
Week-end technique
et sécurité à
Saint-Pierre de Boeuf...
Pour découvrir ou peaufiner la technique spécifique de l'OC, mais aussi apprendre ou revoir les bonnes pratiques de sécurité en rivière, toujours dans l'optique open-canoe, nous programmons un nouveau week-end à Saint-Pierre de Boeuf, rivière artificielle très propice à ce genre d'exercices à partager entre copains dans la bonne humeur et sans se prendre la tête...
Contactez nous ici si vous êtes intéressés !
Les 6/7/8/9 Avril 2012 : L'Open Canoe Festival 2012 !
Pour la troisième édition de cet évènement européen unique et incontournable dans le monde de l'OC, Canoë-Bivouac sera, bien évidemment présent et participera activement à cette fête de l'OC ! Pour ceux qui ne l'on pas encore fait, n'oubliez pas de vous inscrire ICI
Et aussi, sorties "rivières du quart sud-est de la France, quasiment tous les week-ends...
Les lieux et les parcours sont choisis quelques jours avant, en fonction des niveaux d'eau, de la météo et dee envies des participants...
Contactez nous ici si vous êtes intéressés pour nous faire part de vos dispos et vos suggestions...
Durant l'été 2010, Ivan et Eric on réalisé un périple de 37
jours en canoë sur une rivière du Nord Québec très rarement parcourue, dans l'esprit "canoë-bivouac...Ivan nous propose un récit de cette expé fantastique qui fera réver tous les amateurs de
canot-camping et de grands espaces sauvages...Merci à eux et bravo !
Tout a commencé par l’envie de faire un peu d’eau vive avec notre canot rando 520 de chez Nautiraid. Quelques essais sur la Drôme puis la Durance m’on convaincu que ce bateau réunit beaucoup de qualités marines ; notamment une stabilité hors pair dans les vagues ou l’eau blanche.
Puis vint l’idée de « faire » une grande descente, un truc de plus de deux semaines si possible. En cherchant un peu je suis tombé sur un topo de la rivière George dans le nord du Québec. Le rêve
! C’est la seule rivière canadienne que l’on voit à l’œil nu depuis la lune !
Départ donc pour la George et, Oh déception, arrêt au bout de 10 jours pour cause d’entorse à la cheville de Pierre mon
coéquipier lors d’un passage à la cordelle sur des blocs glissants. L’accident le plus bête et le plus fréquent. Mais un tel pépin ne pardonne pas et dans ces régions reculées cela signifie la
fin de l’expédition. C’était fin septembre 2009, avec un niveau d’eau presque trop bas.
La frustration fût si présente dans les mois qui on suivi notre retour, l’envie de revoir des caribous et des saumons si forte qu’une évidence s’est imposée : retourner là haut comme disent les
canadiens eux même.
Retour au Québec donc fin juillet 2010 avec un canot mieux préparé et un objectif encore plus isolé du monde que la rivière George : sa voisine la rivière à la Baleine.
L’avion nous dépose à Sept-îles sur les rives du Saint Laurent et nous ferons ici tous les achats de nourriture pour toute la durée du périple.
A une journée de train au nord du « fleuve » (il fait déjà 100 kilomètres de large) nous retrouvons Schefferville, point de départ de la navigation. Cette année le niveau d’eau est bon et la
météo relativement clémente : il ne pleut que deux fois par jour et rarement au moment de planter le bivouac, les nuées de mouches noires, véritable fléau de ce beau pays, sont moins présentes
que l’année passée, le moral est au plus haut. Le canot est sorti de ses sacs, assemblé, et c’est parti !
Il nous faudra six jours pour avaler les cent cinquante premiers kilomètres de lacs et de rivière, sur la rivière De Pas
avant de changer de bassin versant via un portage et basculer sur les eaux qui mène à la Baleine.
Juste le temps nécessaire pour se familiariser à nouveau avec l’immensité des lieux. Imaginer un pays grand comme la France qui serait peuplé de seulement 10 000 personnes ! La solitude est
grande mais peuplé d’une multitude d’animaux. Les caribous, ours noirs, loups, castors et loutres ainsi que les oiseaux (aigles royaux, pyrargue à tête blanche, aigle pêcheur, chouette épervière,
harfang des neiges et autres lagopèdes,… sans compter tout les migrateurs, oies, canards en tout genre qui sont légions), ils sont tous là pour notre plus grand plaisir.
Six journées de navigation pour apprivoiser le débit déjà important de la rivière (plus de 200m3) ; le temps de retravailler la gamme des manœuvres apprises dans notre bible, le livre de Bill
Mason, « l’aviron qui nous mène ». Vous l’aurez compris nous sommes plus proche de l’exploration que de la descente sportive. En tout et pour tout nous croiserons deux fois des humains : un
couple d’amérindiens puis un camp de pêche au saumon. Nous y apprendrons que nous sommes sans doute les troisièmes ou quatrièmes à naviguer ces eaux au cours des
quarante dernières années.
Six jours pour prendre le rythme du montage des camps le soir après huit heures de pagaie, l’allumage du feu quel que soit le temps (nous n’avons pas de réchaud), les heures passées à pêcher ou
chasser puis surtout à cuisiner.
Le temps aussi de se découvrir ; c’est la première fois que nous faisons équipe avec Eric. Et ma fois, nous nous entendrons bien.
Le portage qui suit nous occupera une quinzaine d’heures. Il nous faut faire trois allers-retours avec des sacs de bagnards, perdu dans cette forêt, le nez sur la boussole, les pieds dans la boue
des marais, pour enfin retrouver de l’eau. Dure, très dure journée.
La succession de lacs étroits et peu profonds reliés par des tronçons de rivière qui fait suite nous amène sur les immenses
lacs Tudor et Champdoré.
Mais ou est donc l’eau vive me direz vous ?
Elle est partout ! Dans les moindres tronçons de rivière, dans les affluents qui ressemblent à des torrents et dans chaque kilomètre de la rivière à la Baleine qui nous attend à la sortie du lac
Champdoré. Enfin !
La descente se poursuit au rythme des rapides. La succession des manœuvres est toujours identique : à l’approche d’un rapide il s’agit de se diriger vers le bord, débarquer et reconnaître.
Sécurité avant tout. Ces actions demandent parfois du temps et de l’anticipation. En effet la rivière est large comme le Rhône et son courant très conséquent. Au plus rapide nous l’avons évalué à
plus de dix kilomètres par heure.
Nous aurons finalement passé des jours à marcher le long du bord sur des champs de cailloux ronds tous plus jolis les uns
que les autres pour repérer le prochain stop avant de nous relancer dans la descente.
Avec l’habitude nous passerons des rapides que nous coterons R2 sans reconnaissance. Facile, n’empêche que les plus long font plus de trois kilomètres sans véritable point de repos et
malgré leurs aspect débonnaire, bien des mouvements d’eau générés par les rochers sont à éviter absolument ! Les vagues sont très rapidement énormes. C’est vraiment une navigation dans le volume
et nos rivières françaises feraient ici office de simples ruisseaux.
Et dire que malgré le débit actuel nous sommes en période de basses - eaux ! Les indices de crues se situent tous à plus de cinq mètres au dessus du niveau d’eau que nous avons rencontré; le débit est alors estimé à plus de deux mille mètres cubes secondes (chiffre canadien).
Parfois la rivière se fâche et une chute nous arrête. Force nous est alors de porter tout notre barda vers des eaux plus calmes. Hormis ces épisodes absolument obligatoires nous aurons la chance
de pouvoir franchir dans le canot (et la tête hors de l’eau) tous les autres événements. Nous proposons d’ailleurs une cotation des rapides. Un topo sera bientôt disponible en ligne sur le site
cartespleinair.org.
Le temps passant la mer se rapproche et un dernier rapide nous ouvre les portes de la baie d’Ungava. La rivière à La Baleine est maintenant derrière nous mais il nous reste une centaine de
kilomètres à parcourir pour rejoindre un lieu habité. Phoques et bélugas sont ici les maîtres des lieux. La marée donne le tempo. Le marnage exceptionnel de l’endroit (plus de 19 mètres pendant les grandes marées) fait que la navigation ressemble un peu à ce que nous venons de connaître sur la rivière. Les courants sont puissants, les paysages
sont pelés et désolés. Il nous est facile d’imaginer ce pays peint en blanc et figé par moins cinquante degrés, comme chaque hiver. D’ailleurs nous sommes fin août et déjà les herbes
roussissent et le gel refait son apparition. Nous aurons même la chance d’assister à une aurore boréale. Un spectacle qui a lui tout seul mérite le détour !
Notre choix à ce moment du voyage a été de raccourcir les distances de navigation en mer par trois portages qui nous on décalé vers l’ouest pour rejoindre d’abord l’estuaire de la rivière
False puis la rivière Koksoak qui baigne le village de Kuujjuaq, terme de notre périple.
Ces portages nous coûterons cinq journées d’effort.
C’est sans doute le temps que nous aurions mis à contourner en naviguant toutes les pointes rocheuses qui nous séparaient du but.
Fatigués et ravis nous terminons le 08 septembre ce que nous avons commencé trente sept jours plus tôt, plus de 700 kilomètres en amont. La boucle est bouclée.
Dans l’avion qui nous ramène vers nos familles nous n’éprouvons que le bonheur d’avoir découvert un pays généreux qui nous a laissé passer et nous aura tout donné. Un pays ou le mot aventure
signifie encore beaucoup de choses. Avis aux amateurs !
Merci à vous d’avoir accepté de recevoir ce témoignage. Puisse-t-il vous faire rêver…
Ivan